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| Ex-libris à double lecture : certaines marques de possession prennent l’allure d’un petit mystère graphique. |
Un livre ancien ne raconte pas seulement l’histoire imprimée sur ses pages.
Il garde aussi la trace de ceux qui l’ont possédé. Parmi ces marques de provenance, l’ex-libris occupe une place toute particulière. Collé ou imprimé à l’intérieur d’un volume, il indique le nom d’un propriétaire, parfois ses initiales, une devise, des armoiries, un symbole ou une image choisie.
Certains ex-libris sont très sobres. D’autres deviennent de véritables petites compositions graphiques. Ils peuvent être décoratifs, héraldiques, symboliques… et parfois même énigmatiques.
C’est ce qui les rend si attachants : en quelques centimètres de papier, ils disent souvent quelque chose d’un goût, d’une époque, d’une personnalité, et parfois d’un esprit joueur. Certains se lisent d’un seul coup d’œil ; d’autres demandent plus d’attention, comme s’ils invitaient le lecteur à déchiffrer une présence restée discrète dans le livre.
Pour le bibliophile, l’ex-libris est bien plus qu’une simple étiquette de possession. Il est une trace de vie, un indice, parfois le point de départ d’une recherche. Il rappelle qu’un livre a eu d’autres lecteurs avant nous, d’autres bibliothèques, d’autres histoires silencieuses.
À leur échelle modeste, les ex-libris transforment ainsi chaque ouvrage en témoin d’une mémoire plus intime.

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