Notre idée occidentale du livre relié n’est qu’une manière parmi d’autres de protéger et d’habiller un texte.
Dans de nombreuses traditions du monde islamique, la reliure possède une particularité immédiatement reconnaissable : un rabat, prolongement du plat inférieur, vient contourner la gouttière puis se glisser sous le plat supérieur lorsque le livre est fermé. Le manuscrit se trouve ainsi presque enveloppé par sa reliure. Le Metropolitan Museum rappelle que ce rabat constitue un élément caractéristique des reliures islamiques et qu’il avait notamment pour fonction de protéger les feuillets.
Mais la protection devient aussi décor.
Le cuir peut être estampé, doré, peint ou découpé en filigrane. Sur une reliure safavide iranienne du XVIᵉ siècle conservée au musée Gulbenkian, l’extérieur est moulé et doré tandis que l’intérieur associe de très fins décors de cuir découpé à des fonds colorés.
Et cette forme traverse les siècles : des fragments de rabats sont conservés dès les Xe-XIe siècles, tandis que d’autres exemples proviennent d’Égypte, de Syrie, de Turquie ou d’Iran.
Une première escale qui nous rappelle qu’à travers le monde, la forme du livre raconte elle aussi une histoire.
