lundi 10 août 2026

Histoire de la reliure : Quand les livres prenaient la route





 Les reliures de voyage : petits formats et livres nomades

 Bien avant le livre de poche, certains ouvrages avaient déjà appris à se faire petits.

Ils se glissaient dans une poche, se tenaient dans la main ou s’attachaient parfois à la ceinture. Car le livre n’a pas toujours été destiné à rester bien droit sur le rayon d’une bibliothèque : il pouvait aussi accompagner son lecteur sur les chemins.

Au Moyen Âge, il existait ainsi des livres plicatifs. Leurs feuillets de parchemin, pliés plusieurs fois, formaient une sorte de petit étui facile à transporter. La Bibliothèque nationale de France conserve notamment un calendrier portatif présenté comme un véritable « livre de poche » avant l’heure.

Plus étonnant encore, le livre de ceinture possédait une couvrure souple prolongée par une pièce de peau. On pouvait le tenir par cette extrémité ou le fixer à sa ceinture afin de garder les mains libres. Certains de ces petits volumes, presque de la taille d’une poche, étaient recouverts d’une peau très souple, comparable au toucher du daim.

Ces livres voyageurs n’étaient pas nécessairement simples ou modestes. Le British Museum conserve même un minuscule livre de prières doté de plats en or émaillé et d’anneaux de suspension : un objet précieux conçu pour être porté sur soi.

Calendrier, livre de prières ou petit ouvrage personnel : chacun répondait déjà à un désir très actuel — emporter avec soi quelques pages familières.

Aujourd’hui, nos livres voyagent dans les sacs de plage et les valises. Les formats ont changé, mais le geste reste le même : choisir celui qui nous accompagnera loin de la maison.

Quel livre avez-vous glissé dans votre valise cet été ?


Sources : Bibliothèque nationale de France, Library of Congress et New York Public Library. Pour approfondir : Margit J. Smith, The Medieval Girdle Book, 2017.


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