vendredi 22 mai 2026

les surnoms des métiers du livre - le naïf : un surnom d’atelier peu flatteur

 

Illustration contemporaine générée à partir d’un outil d’image, librement inspirée de l’univers des ateliers typographiques.


Dans l’argot des anciens ateliers typographiques, le patron portait parfois un surnom inattendu : on l’appelait “le naïf”.

Le mot peut faire sourire aujourd’hui. Il n’avait pourtant rien d’aimable. Dans le Dictionnaire de l’argot des typographes publié en 1883, Eugène Boutmy donne simplement : « Naïf, s. m. Patron », en citant Balzac. Une autre source d’argot du XIXᵉ siècle précise même qu’il s’agissait d’un nom satirique donné par les ouvriers à leurs maîtres.

Ce petit mot en dit long sur l’ambiance des ateliers. Le monde de l’imprimerie n’était pas tendre. On y trouvait des hiérarchies fortes, des rivalités, des dépendances économiques, et une manière très vive de surnommer chacun. L’argot servait à souder le groupe, mais aussi à piquer, à classer, parfois à rabaisser.

Appeler le patron “le naïf”, c’était donc moins le décrire que le railler. Comme souvent dans les métiers anciens, le sobriquet disait une distance, une ironie, presque une revanche de langage.

Ce détail peut paraître minime. Il révèle pourtant tout un climat d’atelier : un univers où l’on travaillait dur, où l’on observait beaucoup, et où l’humour savait être mordant.

Références

  • Eugène Boutmy, Dictionnaire de l’argot des typographes (1883).

  • Wikisource, entrée Naïf.

  • Dictionnaires d’argot du XIXᵉ siècle, rappelant naïf comme nom satirique donné au maître. 

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