Les Livres Sibyllins étaient des recueils d'oracles en vers grecs, conservés dans le temple de Jupiter Capitolin à Rome. Selon la tradition, une vieille femme, identifiée comme la Sibylle de Cumes, les aurait proposées au roi Tarquin le Superbe. Après avoir refusé son prix élevé pour neuf livres, elle en brûla six, vendant finalement les trois restants au même tarif initial. Impressionné, Tarquin acquit ces ouvrages, qui furent ensuite placés sous la garde de prêtres spéciaux, les duumviri sacris faciundis , chargés de leur consultation exclusive sur ordre du Sénat.
Les Livres Sibyllins furent consultés lors de situations extraordinaires, telles que des catastrophes naturelles ou des crises majeures, perçues comme des manifestations de la colère divine. Les prêtres interprétaient les oracles pour déterminer les rites ou sacrifices nécessaires à l'apaisement des dieux. Par exemple, en 293 av. J.-C., une peste ravagea Rome, et la consultation des livres recommande l'introduction du culte d'Esculape pour endiguer l'épidémie.
Au fil du temps, les Livres Sibyllins subissent plusieurs destructions et reconstitutions. En 83 av. J.-C., un incendie au Capitole les détruit. Pour les reconstituer, des émissaires furent envoyés dans diverses régions, notamment à Érythrée, pour collecter de nouveaux oracles. Sous l'empereur Auguste, ces textes furent révisés et transférés au temple d'Apollon Palatin. Finalement, au début du Ve siècle avr. J.-C., les Livres Sibyllins furent brûlés sur ordre du général Stilicon, dans le cadre des mesures antipaïennes de l'époque.
Les Livres Sibyllins ont joué un rôle central dans la religion romaine, guidant les décisions religieuses et politiques en temps de crise. Leur histoire reflète la complexité des interactions entre pouvoir, religion et superstition dans la Rome antique.

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